Entreprise libérée et Holacracy : quelle différence ?

     

« Entreprise libérée » et Holacracy sont souvent perçues comme similaires… Éléments de clarification à l’occasion de la parution de l’excellent article de Sauveur Fernandez sur son blog « Econovateur ».

Un large tour d’horizon
Dans son article " L’entreprise libérée et Holacratie : bien-être au travail avec l’intelligence collective ", l’éconovateur Sauveur Fernandez dresse un panorama très documenté sur ce mouvement. Il s’attache notamment à distinguer l’entreprise libérée - modèle philosophique « libre » basé sur la responsabilisation des personnes - de l’Holacracy, modèle opérationnel développé par expérimentation sur le terrain.

Il développe ensuite les éléments qui fondent la crédibilité de ces modes d’organisation, avant de passer en revue différentes questions liées à leur adoption telles que la performance et la compétitivité, la transformation du rôle de manager, l’intrapreneuriat, le choc culturel lié à ces transformations ou la façon de gérer l‘expertise collective mobilisée par cette nouvelle gouvernance.

Une distinction à compléter
Pour aller au delà de la distinction établie par Sauveur Fernandez, il est important de souligner qu’Holacracy et entreprise libérée ne relèvent pas du même registre. L’entreprise libérée est une sorte de destination vers laquelle un entrepreneur souhaite conduire son organisation pour des raisons économiques, humanistes ou philosophiques. Tandis que l’Holacracy est analogue à un système d’exploitation informatique qui définit : d’une part la façon de décrire la structure de l’organisation, d’autre part les règles qui vont s’appliquer pour faire évoluer cette structure (gouvernance) et prendre des décisions opérationnelles (triage).

2 registres différents
L’entreprise libérée vise à mettre en place des valeurs, un état d’esprit, une façon de conduire les affaires. Elle s’attache au contenu et à la façon de faire. Alors que l’Holacracy ne préjuge en aucun cas des décisions à prendre ; elle définit uniquement la façon de prendre ces décisions.

En pratique, entreprise libérée et Holacracy travaillent dans 2 registres complémentaires et ne sont en aucun cas substituables l’une à l’autre. Un peu comme dans une voiture où GPS et indicateurs de bord facilitent la tâche du conducteur dans son trajet vers la destination visée, mais ne décident pas de la destination ni du chemin choisi par le conducteur pour y parvenir.

Séparer forme et contenu
Un des apports de l’Holacracy est de permettre une description de plus en plus claire de l'organisation sous la forme de "Quel rôle fait quoi" et "Quel rôle est responsable de quoi". On peut ainsi construire une cartographie évolutive du fonctionnement de l'organisation, quelles que soient sa vision, sa mission et ses valeurs.

Paradoxalement, il est tout à fait possible de mettre en œuvre l’Holacracy dans une société pyramidale. On décrira alors dans une cartographie explicite et transparente un ensemble de relations fonctionnelles extrêmement hiérarchiques… autrefois tapies dans l’ombre des relations de pouvoir.

Mettre en lumière pour transformer
C’est à partir de cette mise en lumière des relations à l’œuvre dans l’organisation que la gouvernance pourra évoluer. L’Holacracy soutient alors l'organisation dans son parcours et nourrit sa transformation.

C’est en cela que l’Holacracy est particulièrement adaptée à une démarche de la libération d’entreprise, au point d’y être parfois assimilée. Sachant par ailleurs que certaines entreprises libérées préfèrent développer leur propres règles de gouvernance et ne veulent absolument pas entendre parler… de l’Holacracy !